Lot 31
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MUSIQUE NOTÉE MANUSCRITE. - PROSAIRE. [XIIe…

MUSIQUE NOTÉE MANUSCRITE.
- PROSAIRE. [XIIe siècle]. Défet de 4 pp.
sur un bifeuillet réglé à la pointe sèche; une mention manuscrite ajoutée, probablement au XIVe siècle lors d'un remploi; état médiocre avec manques de textes aux marges, probablement dû à son utilisation comme matériau de reliure.
HYMNES VERSIFIÉS MÉDIÉVAUX, DONT UN ATTRIBUÉ À ADAM DE SAINT-VICTOR, le plus grand hymnographe de son temps. Le présent manuscrit comprend 5 séquences poétiques médiévales, soit une complète attribuée et 4 fragments de séquences: 1. De sancto Petro Apostolo («Gaude, Roma, caput mundi»). Fin de la 4e strophe et strophes 5 à 18. Par un auteur français, généralement identifié avec Adam de Saint-Victor. -- 2. De omnibus sanctis («Gaudeat ecclesia per quatuor climata»). 15 premières strophes et début de la 16e. -- 3. In Transfiguratione Domini («Alleluia. / Clara atque inclita»). Fin de la 13e strophe et strophes 14-15. -- 4. De sancto Martino («Pangat catholica presuli clari Martino plebs cantica / Dulcia dans melo demata...». Texte complet de 14 strophes.
-- 5. De sancto Saturnino (incipit «Hodierna / die gaudeat»). Strophes 5 à 16, bribes des premières strophes et de la 17e.
LES «PROSES» OU «SÉQUENCES» POÉTIQUES LITURGIQUES DU MOYEN-ÂGE. Au IXe siècle, un élément nouveau fut introduit dans le chant liturgique latin: comme l'Alleluia faisait l'objet de vocalises parfois très élaborés, appelées «séquences», l'on s'avisa d'écrire des textes supplémentaires pour les chanter sur ces mélismes.
On désignait le texte ajouté par plusieurs termes concurrents, dont «prose» plus particulièrement en France, et «séquence» plus fréquemment en Allemagne, mais ces deux termes vinrent à désigner tout ensemble le texte avec sa mélodie.
Bientôt, on ne se contenta plus de placer des paroles sur des mélodies existantes, on composa des mélodies nouvelles: ces chants s'organisaient souvent sur le principe du parallélisme, des strophes d'étendue similaire et de mélodie identique se succédant par paires, comme dans le présent manuscrit. En France, ces strophes s'achevaient sur la voyelle a (rappelant l'Alleluia). À partir d'Adam de Saint-Victor (mort à Paris à la fin des années 1140), les «proses» composées présentèrent plus de régularité et furent généralement rimées, présentant alors une structure proche de celle des hymnes anciens comme le Gloria, le Sanctus ou le
Te Deum. Le terme d'hymne finit d'ailleurs par désigner tout texte liturgique rimé mis en musique. C'est un phénomène similaire qui donna naissance aux tropes, chants intercalés dans la plupart des autres parties de l'office religieux. Le concile de Trente, au XVIe siècle, réduirait très fortement toutes ces intercalations non canoniques.
BEL EXEMPLE D'ÉCRITURE NEUMATIQUE. Ces neumes, tracés à la même époque que le texte, sont à points détachés sur une ligne sèche et présentent des caractéristiques du type aquitain.
LES NEUMES, PREMIÈRE NOTATION MUSICALE MÉDIÉVALE. La technique de notation musicale par neumes est apparue au IXe siècle dans les manuscrits de l'Occident latin. Probablement d'origine orientale, elle empruntait ses formes aux signes grammaticaux pour rendre compte des mouvements de la main du chantre destinés à indiquer une élévation ou un abaissement de la voix (système dit chironomique).
Dérivé de ces neumes-accents, apparut également une notation dite à points détachés (neumes-points).
D'une relative imprécision, notamment sur le plan rythmique, la notation neumatique correspondait plutôt à la consignation d'aide-mémoire pour des chants appris par coeur. En ce qui concernait l'indication relative des hauteurs et intervalles, le système régularisa les rapports spatiaux entre les points et intégra progressivement une puis plusieurs lignes de repères (système dit diastématique). Si les neumes se rencontrent jusqu'au XIVe siècle, la notation carrée sur portées qui en est issue, généralisée au cours du XIIIe siècle, donna naissance plus tard au système de notation actuel.
DEUX INITIALES ORNÉES, à l'encre et à la plume, l'une avec décor en noir sur fond blanc, l'autre avec décor en blanc sur fond noir.
Pour le texte: 1. Analecta Hymnica medii aevi, vol. LV, Leipzig, Reisland, 1922, n° 283. -- 2. Analecta hymnica medii aevi, vol. VIII, Leipzig, Fues, 1890, vol. I, n° 103, pp. 86-87, strophes 1a-8b. -- 3. Absente des Analecta hymnica medii aevi; Anscari Mundó, «El Proser-troper Montserrat», n° XII/43, dans Liturgica, n° 3, publications de l'Abadia de Montserrat, coll. Scripta et documenta, n° 17, 1966. -- 4. Absente des Analecta hymnica medii aevi; Anscari Mundó, op. cit., n° XV/48. -- 5. Analecta hymnica medii aevi, vol. XXXIV, Leipzig, O. R. Reisland, 1900, vol. IV, n° 325.
Pour la notation musicale: cf. Paléographie musicale, Solesmes, imprimerie Saint-Pierre, t. I, 1889, pp. 46-50 («Points détachés»), t. II, pl. 24 (Bible, XIIe siècle, Naples, BN, VII. AA. 3), pl. 84 (graduel dit de Gaillac ou d'Albi, 3e quart du XIe siècle, Paris, BnF, lat. 776), pl. 85 (graduel de Saint-Étienne de Toulouse, XIe siècle, Londres, BM, fonds harléien, n° 4951).
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