Lot 32
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NAPOLÉON Ier

Lettre signée «Napoleon» avec 6 LIGNES AUTOGRAPHES, adressée à son frère le roi d'Espagne JOSEPH BONAPARTE. [Bayonne, 14 juillet 1808], de la main de l'empereur: «le 14 à 11 heures du soir». 4 pp. in-4, marge supérieure du bifeuillet détériorée avec manque de papier et atteinte à quelques mots, deux mouillures avec petite déchirure sans manque; encadrement sous verre recto-verso.
«TIRER LE RIDEAU DE TOUTE CETTE AFFAIRE D'ESPAGNE....»
BELLE LETTRE ILLUSTRANT L'OPTIMISME PRÉMATURÉ DE NAPOLÉON Ier AU DÉBUT DE LA GUERRE D'ESPAGNE. Méconnaissant le caractère national et religieux de la révolte espagnole contre l'ingérence française après le traité de Fontainebleau et l'expédition de Junot au Portugal (1807), il sous-estima la sincérité du Dos de mayo et de ses suites dans le pays. Il provoqua l'abdication de Ferdinand VII, et offrit la couronne d'Espagne à son frère
Joseph Bonaparte le 7 juillet 1808, organisant une occupation militaire en règle.
En juillet 1808, les deux forces principales de la réaction espagnole étaient menées par le général Castaños en Andalousie et par les généraux Blake et La Cuesta dans le Nord-Ouest. Si le maréchal Bessières remporta la victoire contre ces derniers à la bataille de Medina de Rioseco le 14 juillet 1808, comme l'avait prévu
Napoléon Ier, en revanche le général Dupont de L'Étang capitulerait à Bailén face à Castaños le 22 juillet, et l'arrivée de Wellington au Portugal en chasserait Junot. Il s'ensuivrait un retrait général des Français qui obligerait l'empereur à intervenir en personne en décembre 1808 pour rétablir la situation.
«[Mon] frère, je reçois votre lettre du 13 de Vittoria. [Vous] recevrez cette lettre à Burgos où j'apprends par une dépêche du mal Bessières qu'indépendamment de la brigade du gal Rey vous aurez trouvé la brigade du gal Gaulois et un bataillon de Paris [les brigades des généraux Jean-Pierre-Antoine Rey et Joseph-Yves Manigault-Gaulois, ainsi qu'un bataillon de la garde de Paris]. Ces troupes doivent partir le 17 pour le joindre. Ainsi le gal Rey sera en mesure aussi d'appuyer le mal Bessières.
NE VOUS INQUIÉTEZ PAS DE LA BISCAYE. Il y aura infanterie, cavalerie et artillerie en suffisance pour la contenir.
St-Ander a été évacuée [par le général Manigault-Gaulois], parce que le mal Bessières a voulu réunir toutes ses forces. Si vous pouvez y envoyer un colonel espagnol ou quelqu'un pour y commander en votre nom, ce sera très avantageux. Il est possible qu'ils veuillent vous demander des troupes, vous leurs direz qu'on leur en envoie.
LE MAL BESSIÈRES A DU SE TROUVER EN PRÉSENCE AUJOURD'HUI; ainsi le 16, jour où vous recevrez cette lettre, vous au[rez] des rapports de l'aide de camp que vous avez envoyé, qui [vous] feront connaître en quoi consistent les forces de Cuesta et ce que le mal Bessières a fait.
L'IDÉE DE VOUS DIRIGER SUR MADRID, IMMÉDIATEMENT APRÈS L'ÉVÉNEMENT DE LA PRISE DE BENAVENTE ET L'AVANTAGE DU MAL BESSIÈRES NE PEUT QU'ÊTRE TRÈS BONNE. En vous rendant à Palencia avec les brigades Rey & Gaulois, le bataillon de Paris & votre Garde à cheval, cela vous formera une division de près de 5000 hommes et de 10 pièces de canon, ce qui est une bonne réserve pour appuyer le mal Bessières [Palencia se trouve au Sud-Ouest de Burgos, sur une route s'écartant un peu du chemin direct vers Madrid mais permettant de se rapprocher de Benavente].
Tascher [le colonel et futur général Jean Henry Robert Tascher de La Pagerie, cousin de l'impératrice Joséphine, au service du roi Joseph] avec le 12e escadron de marche a dû arriver ce soir à Vittoria. Du moment que le 13e escadron de marche, [qui cou]che ce soir à Yrun, sera arrivé à Vittoria, l'escadron [que] commande Tascher partira pour Burgos.
Je suppose que vous avez écrit tous les jours au maréchal Bessières et au général Savary. Cela est nécessaire pour qu'ils vous rendent compte; ainsi vous prendrez réellement le commandement de l'armée...»
DE SA MAIN, L'EMPEREUR A AJOUTÉ: «SOYEZ GAI ET CONTENT, soignez votre santé. L'AFFAIRE DU MARÉCHAL BESSIÈRES VAS TIRER LE RIDEAU DE TOUTE CETTE AFFAIRE D'ESPAGNE. Des troupes arrivent ici de tout côté...»
Napoléon Ier, Correspondance générale, t. VIII, Paris, Fayard, 2011, n° 18564.
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