RANCÉ (Armand-Jean Le Bouthillier de)

Lot 79
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RANCÉ (Armand-Jean Le Bouthillier de)

Conduite chrétienne adressée à Son Altesse Royalle Madame de Guise. À Paris, chez Denis Mariette, 1697. [Au colophon:] Imprimé aux dépens de Florentin &
Pierre Delaulne, & Denis Mariette, par Gilles Paulus-Du-Mesnil. 1697. In-12, 384 [chiffrées 1 à 234, *231, *232, 233 à 380], veau granité, dos à nerfs cloisonné à froid avec titre doré, roulette dorée sur les coupes et châsses, tranches marbrées, coiffe supérieure et coins usagés, étiquette de papier ancienne en queue de dos (reliure de l'époque).
ÉDITION ORIGINALE RARE.
UN TEXTE DIGNE DES GRANDS MORALISTES DU XVIIe SIÈCLE, énonçant pour la direction de conscience des principes de vie relatifs à la foi, aux devoirs envers Dieu, l'Église et les hommes, et notamment aux devoirs, plus impérieux encore, des puissants. Rancé y exalte les vertus, l'abandon des liens du monde séculier, stigmatise les passions et les vices dont certains furent ceux de sa propre jeunesse, comme l'orgueil d'un savoir livresque oublieux de Dieu (chapitre «De l'abus des sciences»). Il y cisèle d'admirables aphorismes: «C'est la marque d'une envie consommée, lorsque les méchans ne pouvans disconvenir d'un bien qui frappe les yeux, essaient de le détruire par la malignité du principe auquel ils l'attribuent» (chapitre «De la calomnie»).
CHATEAUBRIAND, DANS SA VIE DE RANCÉ (1844) A SOULIGNÉ SES QUALITÉS DE STYLE: «Dans les oeuvres de Rancé, le souffle du printemps manque aux fleurs; mais en revanche quelles soirées d'automne! Qu'ils sont beaux ces bruits des derniers jours de l'année! [...] Cette langue du XVIIe siècle mettait à la disposition de l'écrivain, sans effort et sans recherche, la force, la précision et la clarté, en laissant à l'écrivain la liberté du tour et le caractère de son génie.»
RANCE, RÉFORMATEUR DE LA TRAPPE. Filleul de Richelieu, il connut des débuts brillants, admiré pour son érudition, son faste, son aisance dans les mondanités, et mena d'abord une vie relâchée marquée par son amour pour la duchesse de Montbazon. À la mort de celle-ci en 1657, il traversa une crise morale et religieuse qui provoqua sa conversion. Rejetant la vanité des valeurs mondaines, comme La Rochefoucauld, La Bruyère ou Pascal - il fut d'ailleurs proche de Port-Royal jusqu'en 1677 - Rancé se consacra avec sa fougue habituelle à la réforme de l'abbaye de La Trappe à Soligny (département actuel de l'Orne): il en avait été jusque là l'abbé commendataire, et en devint alors l'abbé régulier. Il s'inscrivait en cela dans le vaste mouvement engagé au sein du mouvement cistercien, mais le dépassa en promouvant une vie ascétique rigoureuse inspirée des Pères du Désert, non sans entraîner de violentes polémiques. Il trouva néanmoins des soutiens à la Cour auprès de personnalités comme Bossuet ou la duchesse de Guise, et put mener à bien sa tâche. À la fin de sa vie, il entretint des relations épistolaires suivies avec des princes, des prélats, des institutions religieuses, et écrivit d'importants ouvrages de piété.
LA DUCHESSE DE GUISE, UN DES PLUS FERMES SOUTIENS DE RANCÉ À LA COUR. Personnage considérable, Élisabeth
Marguerite d'Orléans (1646-1696) était petite-fille d'Henri IV, fille de Gaston d'Orléans (qui lui transmit le titre de duchesse d'Alençon), cousine de Louis XIV et demi-soeur de la Grande Mademoiselle. Elle avait été abbesse de Remiremont, avant de résigner sa charge et d'épouser le duc de Guise, de Joyeuse et d'Angoulême, Louis-Joseph de Lorraine. Elle perdit très tôt son mari ainsi que leur fils unique, et mena dès lors une vie retirée dans son château d'Alençon. Elle fut une des premières personnes du grand monde à s'intéresser à la Trappe, où elle fit tous les ans une retraite.
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