Berthe MORISOT (1841-1895)

Lot 26
150 000 - 200 000 €
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Résultat: 145 000 €

Berthe MORISOT (1841-1895)

Le petit saint Jean, 1890
Huile sur toile, signée en bas à gauche.
55 x 43 cm

Provenance:
- Monsieur et Madame Ernest Rouart
- Docteur et Madame Julien Rouart

Expositions:
- 1896, Paris, Galerie Durand-Ruel, Madame Eugène Manet, exposition de son oeuvre, n° 35 de l'exposition
- 1907, Paris, Société du Salon d'Automne, Grand Palais des Champs-Élysées, n° 18 de l'exposition
- 1919, Paris, Galerie Bernheim Jeune, Cent oeuvres de Berthe Morisot (1841-1895), n° 33 de l'exposition
- 1924, Pittsburg, Carnegie Institute, Exhibition of Paintings, Édouard Manet, Pierre Renoir, Berthe Morisot, n° 24 de l'exposition
- 1941, Paris, Musée de l'Orangerie, Berthe Morisot, n° 82 de l'exposition

Bibliographie:
- Monique Angoulvent, Berthe Morisot, éditions Albert Morancé, Paris, 1933, n° 409
- M.-L. Bataille et G. Wildenstein, Berthe Morisot - catalogue des peintures, pastels et aquarelles, Les Beaux-Arts, Collection l'Art Français, Paris, 1961, décrit page 40 sous le n° 252 et reproduit figure 277
- Alain Clairet, Delphine Montalant et Yves Rouart, Berthe Morisot 1841-1895 - catalogue raisonné de l'oeuvre peint, Collection Le Catalogue - CÉRA - nrs éditions, 1997, décrit et reproduit page 240 sous le n° 256.
Le catalogue raisonné mentionne à propos de cette toile: Cette oeuvre fut exécutée dans le grenier-atelier de la maison Blotière à Mézy, d'après un petit garçon du village prénommé Gaston. Dans un premier temps, l'artiste l'avait représenté au sein d'une composition plus large (en saint Jean-Baptiste en pied avec sa croix)...
Berthe Morisot: la mélodie d'une âme meurtrie
Quelle douce mélodie imprègne les oeuvres aériennes de Berthe Morisot ?
L'artiste ne semble qu'effleurer la toile pour lui confier les secrets les plus intimes de son âme.
Sous la mince pellicule du bonheur de vivre s'y dissimule une tristesse devant l'impermanence des choses et l'impitoyable dureté de l'existence. Comme si celle-ci ne nous laissait entrevoir qu'un instant la beauté de la vie. Sous les dehors du bonheur de vivre, c'était une âme meurtrie.
Ses toiles ont été le paysage de ma jeunesse.
Les fleurs qu'elle avait peintes, les visages des jeunes filles avaient vieilli, mais leur représentation n'était nullement fanée, au contraire ces tableaux les vouaient à l'éternité de la jeunesse.
Dans leur lumière et leur magie, j'ai respiré cette atmosphère irréelle de l'art. Bien sûr il m'a fallu du temps pour prendre conscience de ce privilège de vivre dans la lumière d'une artiste exceptionnelle, près de sa fille, Julie Manet, qui me transmettait les précieux souvenirs de sa mère et de ses amis, Degas, Monet, Renoir, Mallarmé.
En l'écoutant j'étais transporté au coeur d'un monde qui ne semblait attaché qu'à la poésie et ne vivre que pour tirer de l'existence les seules richesses artistiques et spirituelles qui la justifient.
Le temps a beau passer, les bouleversements et les guerres chambouler les existences, la beauté des oeuvres reste miraculeusement immuable. Comme un défi.
Jean-Marie Rouart de l'Académie française.
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